Un musée dans un ancien prieuré

Le prieuré du Xe au XIXe siècle
Un sauvetage in extremis
Les recherches et la restauration
Le label Musée de France
Sites clunisiens : la Fédération

Le prieuré du Xe siècle au XIXe siècle


 

 Plan 1757Suite à la destruction de leur prieuré à Changy en 929, le roi Raoul de Bourgogne donne aux moines un terrain sur la colline de la Madeleine pour qu'ils viennent s'y établir. (plan tiré du rapport archéologique de F. Chaléat, 2012)

Rattaché à l'ordre de Cluny en 1104, la chapelle priorale est reconstruite et complétée par une église romane majestueuse. Bien qu'il ne connaisse qu'un rayonnement local, le prieuré constitue un point de passage et d'accueil pour les pèlerins se rendant à l' Abbaye de Cluny.

Durant les XIIIe et XIVe siècles, le site subit des dégâts lors de la Guerre de Cent ans et  de celle entre Armagnacs et Bourguignons. C'est sous Sébastien de Rabutin, prieur de 1470 à 1485 , que le site est remanié. L'on conserve aujourd'hui quelques éléments de cette reconstruction du début de la Renaissance, tels que la tour d'escalier à vis,  les fenêtres à meneaux et la salle d'Apparat.


En 1791, l'édifice est vendu comme Bien National. Au XIXe siècle, l'église est détruite, l'on construit à son emplacement l'Hôpital ainsi qu'une chapelle. Le prieuré est occupé par une école de jeunes filles administrée par les Sœurs de Nevers jusqu'en 1910.

Un sauvetage in extremis


 

Salle apparat non restaurée

Le bâtiment, dans un état extrême de délabrement, est remarqué au début des années 1980. S'en suivent des démarches importantes qui aboutissent à la création de l'Association des Amis du Prieuré. Leurs objectifs sont la sauvegarde, la restauration et la création d'un Musée.

Afin d'assurer ces missions, l'association pousse la Ville a acquérir  les bâtiments, alors propriétés de l'hôpital. Celle-ci obtient en 1987, le classement "Monument Historique" pour la salle d'Apparat et l'inscription à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historique pour le reste de l'édifice. Après de nombreux travaux, le Musée ouvre ses portes en 1994 et présente une collection de faïences de Charolles, Peintures de paysage et de Folklore charolais. L'association est un des membres fondateurs de la Fédérations des Sites Clunisiens regroupant à ce jour 174 sites classés à travers l'Europe.

 

Les recherches et la restauration


 

Photo du Musée du Prieuré, prise de l'extérieur, avec vue sur la tour d'escalier à vis du XVe siècle.

Une fois le Musée ouvert au premier étage, il s'agit d'étudier le rez de chaussée. En 1996, les spécialistes A.Féton et V.Legoux viennent repérer les traces picturales présentes dans la "Zone Archéologique" actuelle, la salle d'Apparat et la tour d'escalier. En 1999, un diagnostic est réalisé par S. Bouquet.  En 2002-2003, B.Saint Jean Vitus vient réaliser des fouilles archéologiques dans la salle d'Apparat. C'est en 2003, sous la direction de Frédéric Didier, architecte des bâtiments de France, que la salle d'Apparat est restaurée. Grâce aux décors retrouvés, l'ensemble des motifs et des couleurs sont restitués.

 

Le label Musée de France


 

logo musee de france


En 2002, l'association demande le label Musée de France. Son obtention la même année,l nécessite la prise en charge du Musée par la Ville. Les recherches se poursuivent entre 2003 et 2005, dans la Zone Archéologique par les fouilles de F. Chaléat permettant d'établir l'évolution du site entre le XIIe et le XIXe siècles. En 2005, l'ancienne chapelle est renommée Espace René Davoine pour accueillir les œuvres du sculpteur. En 2009, un passage intérieur permet de relier toutes les sections du site présentant à ce jour des collections de faïences de Charolles, peintures de paysage, sculptures, et architecture. 

Sites clunisiens : la Fédération


 

Rosace des sites clunisiens La Fédération Européenne des sites clunisiens a pour objectif de rassembler les lieux qui, en Europe, ont contribué à l’extraordinaire rayonnement de l’abbaye de Cluny (Bourgogne du sud), du Xe au XVIIIe siècle : rayonnement spirituel, artistique, économique, politique et social. Les moines de Cluny furent à l’origine de l’émergence de centaines de bourgs et de villes. Chacun d’entre eux est détenteur d’une parcelle de cet héritage culturel européen unique.  Le réseau des sites clunisiens est un grand itinéraire culturel du Conseil de l’Europe, dont fait partie le site du Prieuré accueillant le Musée actuel. L'association des Amis du Prieuré qui est à l'origine de la création du Musée en 1994, est également un membre fondateur de la fédération des sites clunisiens.

La rosace est l'emblème de cette Fédération. Elle reprend, au centre, les armes de l'abbaye de Cluny qui font référence aux clefs de Saint Pierre et l'épée à Saint Paul. L'abbaye de CLuny est placée dès son origine sous leur patronat. Le contour de la rosace rappelle l'élément très présent dans l'architecture romane. Les dix pétales font références aux dix province de l'ordre de Cluny constituée au XIIIe siècle et comprenant : l'Auvergne, la France, la Gascogne, Lyon, le Poitou, la Provence, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne, et la Lombardie. Le tracé extérieur symbolise les voûtes romane et gothique. Enfin, la forme circulaire montre la volonté de rassemblement, valeur de base de la Fédération.

Liens : www.sitesclunisiens.org et www.clunypedia.org